Honorer la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation


Afin d’honorer la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, nous donnons la parole à des partenaires Starbucks, alors que nous réfléchissons aux traces laissées par les pensionnats et nous engageons dans le processus de vérité et de réconciliation par l’intermédiaire de l’éducation, de la sensibilisation et de l’action.


Offrir un espace, raconter des histoires

Comment le Réseau des partenaires autochtones de Starbucks transforme la reconnaissance en action.

Sara Hunter et Jessica Novak, partenaires Starbucks, avaient pour vision de créer un espace sûr et accueillant où les partenaires (employés) autochtones et leurs alliés pourraient s’exprimer en toute authenticité et s’échanger de l’information sur les expériences des Autochtones au Canada. À l’automne 2020, le tout premier Réseau des partenaires autochtones a vu le jour chez Starbucks Canada, et il compte aujourd’hui plus de 500 membres. 

Sara Hunter est Ojibway et membre de la Première Nation Sheguiandah de l’île Manitoulin, en Ontario. Sa famille ayant survécu aux pensionnats, Sara a ressenti les dommages que cette expérience a causés à sa communauté.

« J’ai grandi sans vraiment m’immerger dans la culture autochtone. Je ne parle pas la langue. Ma grand-mère n’en connaissait que quelques mots », raconte Sara. « Ce n’est qu’à l’adolescence que j’ai assisté à mon premier pow-wow traditionnel. »

Reconnaître cette lacune l’a incitée non seulement à approfondir ses propres liens avec sa culture, mais aussi à aider d’autres partenaires autochtones à tisser des liens entre eux et à apprendre des autres grâce au Réseau des partenaires autochtones.

« Lorsque le Réseau des partenaires autochtones a été créé, ils ont commencé à réaliser que les gens les voyaient, qu’ils étaient dans un espace où ils pouvaient s’exprimer en étant vraiment eux-mêmes », dit-elle.

En tant que descendante des colons, Jessica Novak croit que le Réseau des partenaires autochtones n’est que l’un des moyens de se joindre aux peuples autochtones en tant qu’allié.  Pour Jessica, sa participation au Réseau des partenaires autochtones constitue une réponse claire au 92e appel à l’action lancé par la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Cette dernière demande aux entreprises d’établir des relations constructives avec les peuples autochtones, d’offrir l’égalité d’accès et de sensibiliser tous les employés à leur histoire.

« En tant qu’entreprise et leader dans de nombreux endroits, comment les recommandations de la Commission de vérité et réconciliation se manifestent-elles ici? », se demande Jessica. « Où prennent-elles forme? Comment pouvons-nous bâtir des relations avec les communautés autochtones? » 

En raison des récentes découvertes de centaines de tombes anonymes sur les sites des pensionnats partout au Canada et des appels à l’action urgents de la Commission de vérité et réconciliation, la mission du Réseau des partenaires autochtones est devenue encore plus cruciale et les efforts de Sara et de Jessica depuis la fondation du réseau visent à créer des occasions de reconnaissance.  

Cet été, le réseau a organisé des cercles de partage, ce qui a offert aux partenaires un lieu pour parler et écouter les autres. Il a également participé à des conversations importantes pour aider les partenaires à apprendre et à comprendre davantage l’histoire des Autochtones, les problèmes auxquels ils font face aujourd’hui et le processus de vérité et de réconciliation. Le réseau a également célébré avec fierté la culture autochtone pendant le Mois national de l’histoire autochtone et la Journée internationale des peuples autochtones.

Les deux femmes se sont engagées à se servir du travail de l’année dernière comme base alors qu’elles se tournent vers l’avenir.

« Nous sommes maintenant rendus à établir des relations », dit Sara. « Alors, comment pouvons-nous tirer profit de ce que nous avons appris au cours de la dernière année et réellement le mettre en pratique, que ce soit en faisant du bénévolat, en écoutant et en transformant les communautés? »

 Il s’agit de l’une des raisons pour lesquelles le Réseau des partenaires autochtones a choisi l’Indian Residential Schools Survivors Society (IRSSS) pour lui offrir un don de 20 000 $ de Starbucks Canada à l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.

« Durant sa première année d’existence, le réseau a vraiment été axé sur la sensibilisation », réfléchit Sara. « Comment pouvons-nous parler de l’histoire, mais aussi célébrer les grandes choses qui se produisent dans la culture elle-même, comme les enseignements ainsi que la protection de notre environnement et de notre eau, tout en reconnaissant ce qui s’est vraiment passé? »

L’Indian Residential Schools Survivors Society fournit des services essentiels aux survivants des pensionnats, à leur famille et aux personnes aux prises avec des traumatismes intergénérationnels. Son objectif est de fournir des soins, non seulement sur le plan physique, mais aussi psychologique et spirituel, aux communautés touchées.

« Pour nous, ce choix était facile à faire », explique Jessica. « Les dons sont la façon la plus directe d’avoir un effet sur les personnes traumatisées par les pensionnats. »

Alors qu’elle se prépare à établir de nouvelles relations et à mettre en pratique ce qu’elle a appris des autres, Sara n’a pas perdu de vue sa vision première : « Nous avons créé un espace où les gens peuvent se sentir en sécurité pour s’exprimer en toute authenticité. Mais il y a encore beaucoup de partenaires qui ne connaissent peut-être pas encore l’existence du réseau ou qui n’ont pas eu l’occasion de raconter leur histoire. Nous allons donc continuer à ouvrir des portes pour que les gens puissent le faire. »


Pour les sept prochaines générations

Comment le mentorat peut nous faire progresser vers la vérité et la réconciliation.

Stephanie Yoshida ne prétend pas enseigner, mais quand elle parle de son parcours, on ne peut qu’apprendre.

Stephanie est la fille d’une personne survivante des externats indiens et la petite-fille d’une personne survivante des pensionnats. Les révélations de cette année concernant des tombes anonymes dans une école de sa province, la Colombie-Britannique, l’ont forcée à s’exprimer en poésie sur cette souffrance générationnelle. Son poème Les larmes que je verse sont leurs cris pour la justice, publié à la fin du présent article, a incité des partenaires de partout au pays à parler de leurs propres expériences et de leurs alliances. Mais elle voit sa poésie comme une simple étape d’un processus personnel de compréhension, un processus parmi tant d’autres sur le chemin de la vérité et de la réconciliation.

« Je me demande comment nous pouvons prendre les mesures nécessaires pour nous réconcilier avec le passé et travailler ensemble en tant que nation afin de bâtir un avenir meilleur pour les prochaines générations. C’est là que réside la réponse : les prochaines générations. »

– Stephanie Mika Yoshida, partenaire (employée) Starbucks et membre de la Première Nation Nisga’a.

Photo – Soloman Chiniquay

« La vérité et la réconciliation sont un processus », explique Stephanie en réfléchissant aux séquelles laissées par les pensionnats et au chemin qu’il reste encore à parcourir. « Il s’agit d’abord de découvrir et de reconnaître la vérité sur l’histoire des peuples autochtones et la réalité des pensionnats, de réellement écouter les survivants et de comprendre les répercussions des pensionnats sur leur vie. Pendant sept générations, on leur a enseigné que leur mode de vie en tant qu’Autochtones était inférieur, et les enfants non autochtones apprenaient la même chose à l’école à propos des peuples autochtones. »

Selon Tanya Tourangeau, responsable de l’engagement auprès des Autochtones à MENTOR Canada, un organisme voué à l’expansion de l’accès des jeunes au mentorat, « l’accès limité aux occasions, aux réseaux et aux mentors est un obstacle de taille pour les jeunes Autochtones d’aujourd’hui, ce qui ne fait qu’accentuer les disparités créées par les pensionnats ».  Tanya sait que le mentorat peut non seulement contribuer à faire progresser notre pays vers la vérité et la réconciliation, mais qu’il peut aussi transformer l’économie.

« Les jeunes Autochtones constituent la population la plus nombreuse, la plus jeune et celle qui croît le plus rapidement au Canada », dit-elle. Si nos jeunes Autochtones étaient diplômés, entraient sur le marché du travail, terminaient leurs études postsecondaires et devenaient propriétaires d’entreprise et propriétaires fonciers au même rythme que les non-Autochtones, à l’heure actuelle, nous pourrions augmenter le PIB du Canada de 100 milliards de dollars. »

Tanya est également la fille d’une personne qui a survécu aux pensionnats, et son parcours a été façonné par cette expérience.

« Dès mon plus jeune âge, il me paraissait évident que notre peuple avait besoin d’aide. Il avait besoin d’assistance, il avait besoin de renforcer ses capacités. C’est ce qui m’a menée à MENTOR Canada. Le mentorat a toujours informellement fait partie de l’identité des Autochtones. Il fait partie de cette conviction de prendre soin des sept prochaines générations », dit-elle.

Le 28 septembre, Stephanie se joindra à Tanya, à de jeunes Autochtones et à des alliés de partout au Canada pour échanger au sujet de leurs expériences et du mentorat. L’événement « Le pouvoir du mentorat », organisé par MENTOR Canada, en collaboration avec Starbucks Canada et Deloitte, met l’accent sur l’expansion des réseaux, le développement des compétences et l’amélioration de l’accès à l’emploi. Ces événements s’inscrivent dans un mouvement urgent qui couvre toutes les facettes de la société canadienne. Les entreprises comme Starbucks Canada ne représentent qu’une seule réponse aux 94 appels à l’action lancés par la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Le 30 septembre est la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, aussi connue sous le nom de Journée du chandail orange, en l’honneur de Phyllis Webstad, survivante des pensionnats, qui était l’une des dizaines de milliers d’enfants autochtones arrachés à leur famille et placés dans un système conçu pour détruire ce qui forgeait leur identité.

Pour Stephanie et tant d’autres enfants de survivants, il reste encore beaucoup de travail à faire pour guérir. 

« Je me demande comment nous pouvons prendre les mesures nécessaires pour nous réconcilier avec le passé et travailler ensemble en tant que nation afin de bâtir un avenir meilleur pour les prochaines générations. C’est là que réside la réponse : les prochaines générations », dit-elle. « Il faudra plusieurs générationsavant que nous travaillions réellement ensemble pour tracer la voie à suivre, etc’est grâce à l’enseignement que notre guérison commencera. »

Les larmes que je verse sont leurs cris pour la justice #ChaqueEnfantCompte

Si vous avez le cœur brisé, c’est le sentiment éprouvé par ces enfants.

Arrachés à leur famille. 

Si vous avez le cœur brisé, c’est la douleur de nos ancêtres.

Tentant de survivre à ce génocide.

Si vous avez le cœur brisé, c’est votre âme qui pousse un cri pour établir un lien avec votre 

culture.

La douleur que ces enfants ont endurée est impensable.

Ne jamais rentrer à la maison auprès de leur famille,

auprès de leur culture.

J’ai le cœur brisé.

Sachant ce qui est enterré sous les fondations sur lesquelles ce pays a été bâti.

Douleur

 

Stephanie Yoshida (Nation Nisga’a)
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